Nous sommes séparés – qu’est-ce qu’on se dit et qu’est-ce qu’on se dit pas? 

 Même si nous sommes séparés nous devons quand même nous parler de notre enfant. Comme nous ne sommes plus ensemble,  nous ne devrions plus avoir affaire à la vie privée de l’autre, non? 

QUEL GRAND MYTHE AVONS-NOUS LÀ!

Que nous le voulions ou non, une fois séparés,  nous continuons à être  parent et cela veut donc dire que nous devons continuer d’avoir des contacts avec l’autre parent. Pas nécessairement être son grand ami, mais un minimum pour le meilleur intérêt de l’enfant. Parfois, notre vie privée aura un impact sur notre enfant, donc par la bande, on doit parler de certaines affaires avec l’autre parent. 

Mais où est la limite? Et bien la voici, si un élément de votre vie privée a un impact potentiel sur la vie/émotions/comportements de l’enfant alors il est préférable d’en parler avec l’autre avant d’en parler à son enfant. Je vous donne des exemples plus loin. 

Ce n’est pas pour demander la permission à l’autre parent. C’est pour l’informer afin qu’il soit en mesure de mieux comprendre ce que vit votre enfant. C’est  pour mieux protéger votre enfant et pour mieux assurer son bien-être. Par exemple : si la grand-maman de son autre parent est hospitalisée pour une raison grave et que Coco arrive chez vous et qu’il est opposant , il se peut que Coco se retrouve avec des conséquences si son attitude ne change pas. Sans l’information de l’autre parent, l’intervention du parent semble adéquate. Toutefois, si l’autre parent vous informe  de la situation, l’intervention devient soudainement moins optimale, car il se peut que Coco soit inquiet pour grand-maman et c’est ce qui explique son opposition. Alors, l’intervention peut davantage être dans la bienveillance et vous pouvez nommer à votre enfant « est-ce que ça se peut que se soit difficile d’écouter les consignes car tu t’inquiètes pour grand-maman? ». Il est fort à parier que cela peut le désamorcer. 

Donc, le parent qui reçoit une nouvelle information peut la  gérer ou diriger à sa guise au lieu d’être mis devant le fait accompli.  Si vous avez été 10 ans avec votre ex-partenaire, alors il se peut que grand-maman ait une importance pour vous et que cela vous touche. Il se peut aussi que vous soyez en froid avec elle et que cela génère une autre émotion. Dans tous les cas, une fois avec l’enfant, vous serez en mesure de départager ce qui vous appartient  et la réaction  de votre enfant. Par exemple : si vous cela ne vous touche pas, votre enfant a le droit d’avoir de la peine et votre rôle de parent est de le soutenir et de valider son émotion. « Je comprends  mon coeur que tu aies de la peine pour grand-maman,  aimerais-tu que nous appelions papa pour avoir des nouvelles d’elle? ». 

Dans le cas où c’est l’enfant qui apprend la nouvelle à son parent, il peut se sentir responsable ou coupable dépendant de la réaction de son parent. Parfois, l’enfant va cacher ce qu’il vit pour ne pas faire de peine ou de faire fâcher son autre parent. Alors, il se coupe de ce qu’il vit. Parfois, le parent peut mal interpréter les comportements de son enfant et rendre les interventions moins optimales. Le fait d’informer son coparent est une marque de respect pour soi, pour l’autre et pour son enfant car cela démontre que vous assumez ce qui arrive dans votre vie, que vos intentions sont nobles et que vous dégagez votre enfant de porter cette information. Selon la situation annoncée, les deux parents peuvent même prendre un temps avec l’enfant afin d’en discuter avec lui et de clarifier des questions et aviser des étapes à suivre ou des interventions qui seront mises en place. Par exemple : si grand-maman est gravement malade, il se peut que maman et papa décident que Coco pourra aller dormir plus souvent chez le parent en question afin de passer plus de temps avec sa grand-maman. 

Informer l’autre parent veut dire lui transmettre l’information avec un délai raisonnable afin d’avoir le temps de s’organiser au besoin. S’il y a des modifications à apporter à la coparentalité alors le parent qui informe mentionne les suggestions. Je dis bien “suggestions”, car vous devrez en discuter ensemble. L’autre n’est pas responsable de vos choix.  Il est souhaitable de collaborer et d’être constructifs. L’autre parent peut poser des questions en lien avec l’enfant et des éléments qui le concernent, mais à moins que cela ait un impact grave pour l’enfant, il n’a pas à commenter le choix de l’autre parent. Par exemple : lorsque le parent vous avise qu’il a l’intention de présenter son nouveau partenaire à l’enfant car la relation est sérieuse. Vous n’avez pas à juger son choix, mais vous pourriez avoir un minimum d’informations sur cette personne. Comme lorsque vous rencontrez la nouvelle enseignante de votre enfant. Vous allez avoir un brin d’information sur elle, mais  avec le temps  la confiance s’installe car vous allez découvrir ses compétences et ses qualités personnelles. Avec le nouveau partenaire de votre coparent, c’est un peu la même chose. Avec le temps et les expériences partagées par votre enfant et vous même, vous allez probablement créer un lien avec cette personne. Si ce n’est pas le cas, cela ne veut pas dire que ce n’est pas une personne adéquate pour votre enfant. 

Voici d’autres exemples dont  il est important d’informer l’autre parent : 

  • Une maladie importante pour soi ou un membre proche de la famille. 
  • Avec la situation actuelle, se parler de ce qui entoure la Covid. Ne pas en faire un débat mais informer des cas, contacts, symptômes, tests. 
  • Un décès proche de soi ou de l’enfant. 
  • Un déménagement hors région.
  • Un déménagement dans la même région. 
  • Un voyage à l’intérieur de la province.
  • Un voyage à l’extérieur de la province ou du pays.
  • Un changement d’emploi.
  • Un nouveau partenaire. 
  • Une séparation.
  • Une grossesse.
  • Un mariage : le sien à l’occurrence. 
  • La liste n’est pas exhaustive, mais on se souvient que tout changement dans votre vie qui peut avoir un impact sur votre enfant est bon à transmettre. 

Écoutez le podcast sur le même thème

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