Accueillir les émotions des enfants dans la tempête émotionnelle de la séparation

Lors d’une séparation , il est préférable de nommer à l’enfant ce qui se passe. Tenter de le protéger en lui cachant la vérité ne sert à rien. En effet, les enfants ont des antennes et ressentent qu’ils se passent quelque chose qui les rend inconfortables. Si l’enfant n’a pas d’explications, il risque d’être insécure et de se rendre responsable de la situation considérant leur immaturité cognitive. 

Nous nommons à l’enfant ce qui est nécessaire, avec des mots adaptés à son âge, sans dénigrer l’autre parent. Ensuite, nous accueillons les émotions tout simplement. Toutes les émotions sont acceptables. La manière dont elles peuvent sortir peut demander certaines interventions, mais vous devez vous demander quel est le besoin derrière. 

Dans le cas d’une séparation, il est fort à parier que l’enfant est dans l’incertitude et la peine, car même si c’est pour le mieux, l’enfant lui ne le voit pas nécessairement comme ça. Les réactions et les émotions sont légitimes et vous n’avez pas besoin de lui trouver des avantages à la séparation comme « tu auras deux maisons, deux chambres, deux Noël ». Nous comprenons et accueillons que l’enfant peut avoir de la peine et soit même en colère. 

Mon enfant n’a pas de réaction? 

Si l’enfant ne réagit pas, pas de  panique et ne nous  réjouissons pas. Il se peut qu’il ait besoin de temps pour assimiler l’annonce. Il se peut que l’enfant tarde à réagir. Par contre, quand il va vivre les impacts, il est probable que vous observerez des changements. Si malgré cela, l’enfant n’a toujours pas d’émotions, et bien je peux vous dire qu’ils sont simplement cachés sous une armure, car nous sommes faits d’émotions. Donc  tentons de lui offrir des opportunités pour les exprimer et les vivre. 

Si vous aviez l’habitude de plus ou moins accueillir les émotions en ayant des commentaires du type : « bravo, tu n’as pas pleuré aujourd’hui, cesses de pleurer pour rien, va dans ta chambre et reviens quand tu seras calme, etc, », il se peut alors que votre enfant soit en train d’apprendre que les émotions ne sont pas les bienvenues et il  peut les camoufler. Le problème est que plus il y a refoulement d’émotions, plus cela  place l’enfant à risque de troubles d’adaptation et de détresse psychologique. 

Mon enfant pleure trop? 

Il est plutôt rare qu’un enfant soit en détresse psychologique au point de s’inquiéter pour sa santé mentale. En fait, plus un enfant vit ses émotions et plus il laisse sortir sa tristesse et donne accès à sa peine et plus il est en train de développer la résilience. 

Alors, la peine est votre meilleur ami! Malheureusement, comme adulte, nous avons souvent appris dans notre enfance que pleurer c’était pour les faibles, que les garçons ne pleurent pas, que les filles ne sont que des pleurnicheuses. Tout ça est faux! C’est le contraire! Avec les neurosciences et les études, nous savons maintenant que le plus grand facteur de résilience est la capacité d’accéder à ses émotions et de les vivre afin de pouvoir s’en libérer et ainsi s’adapter aux situations sans ancrer des traumatismes ou refouler des émotions et des non-dits qui nous pourrissent la vie. 

Alors maintenant, comme parent, pleurer vous aussi, donnez-vous le droit de vivre vos émotions, car elles sont salutaires et loin d’être dangereuses. 

L’explication du rond-point/carrefour giratoire de Gordon Neufeld expliqué par Sarah Hamel, psychoéducatrice 

Lorsque nous vivons une situation difficile, nous avons trois options de résoudre et de s’adapter. Comme dans un rond-point, nous pouvons choisir différentes sorties.  

La sortie no 1 : quitter la situation. 

Par exemple, je décide de laisser mon chum parce qu’il ne me comprend pas, je change de job, car mon boss ne me reconnait pas à ma juste valeur, je décide de donner le popsicle que mon enfant veut au déjeuner. 

La sortie no 2 : accéder à la peine. 

Laisser sortir la tristesse qui est cachée derrière la colère. L’évacuation de la peine nous amène à nous libérer et alors être résilients et ne garder aucun ressentiment. Nous pouvons plus facilement nous adapter et trouver des solutions. C’est la clé de l’adaptation. 

La sortie no 3 : l’agression : 

Lorsque la tristesse est refoulée alors tout sort en colère, en comportements autodestructeurs comme la consommation, ne pas prendre soin de soi, être dans le déni, etc. 

Alors quand nous passons tout droit à la sortie 2, nous devons premièrement tenter de nous en rendre compte. Par la suite, se permettre de vivre l’émotion, car souvenez-vous c’est la clé. 

Nos émotions d’adultes sont impressionnantes 

  • Pour l’enfant, s’il sent que nous sommes en perte de contrôle, il peut avoir peur. « avez-vous déjà vu votre visage en colère ou en larmes? »
  • Nous nommons à l’enfant notre émotion et nous le rassurons qu’il n’est pas responsable de celle-ci. « Maman a de la peine, je ne voulais pas que ça se passe comme ça, ce n’est pas toi mon loup qui me rend comme ça. »
  • Nous devons montrer que nous sommes responsables de la situation malgré l’émotion. « Ne t’inquiète pas, maman va s’occuper de sa peine et je vais préparer le souper. »
  • Autrement, nos émotions peuvent être insécurisantes pour l’enfant et il peut réagir par des comportements que je trouve difficiles comme adulte.
  • Il est alors important de sécuriser l’enfant sur le fait que le parent est responsable de la situation malgré l’émotion qu’il vit comme adulte. 
  • L’enfant peut être empathique, mais ce n’est pas son rôle de sécuriser le parent ou de le réconforter. 

L’analogie du pilote d’avion de Sarah Hamel :

  • Lorsque le pilote constate qu’on traverse une zone de turbulence, le pilote va nous dire :
    « Mesdames, messieurs, nous traversons une zone de turbulence, rejoignez votre place et attachez-vous, nous arriverons à bon port à 15 h tel que prévu » : cette réaction est sécurisante. 
  • Si le pilote tente de me convaincre qu’il ne se passe rien pour me rassurer :
    « Non, il n’y a pas de zone de turbulence… » : moi je ressens les turbulences, alors je ne me sens pas rassuré du tout. 
  • Si le pilote panique :
    « Nous traversons une zone de turbulence, je ne sais pas quoi faire, ahhhhhh… » : je vais me sentir en panique et pas rassuré du tout.

Soyez donc le pilote de la situation 1. 

Émotions mobilisatrices versus destructrices :

Émotions mobilisatrices :

  • Je sais que j’ai une émotion et je l’écoute.
  • Je la reconnais et je lui donne de l’importance. 
  • Je n’ai pas peur de mon émotion, car je sais qu’il n’y a pas de danger à vivre l’émotion.
  • Je comprends que la clé est de la ressentir. 
  • Une fois que je vis mon émotion, surtout ma peine, je me libère.
  • Je développe des stratégies d’adaptation qui m’amène à me dépasser, à me mobiliser, à me sortir de la situation. 
  • Je deviens résilient et je deviens encore plus fort face aux obstacles que je rencontre.

Émotions destructrices :

  • Je sais que j’ai une émotion, mais je ne l’écoute pas. 
  • Je ne veux pas la reconnaître et lui donner de l’importance. 
  • Je refoule l’émotion, car elle me fait peur et je crois que vivre les émotions me rend faible. 
  • Puisque notre cerveau ne peut pas ignorer les émotions, alors le tout se transforme en comportements destructeurs (agression, opposition, consommation, etc.) ou autodestructeurs (ne pas prendre soin de soi, se rabaisser, etc.)

S’autovalider versus la victimisation 

S’autovalider : 

  1. Reconnaître que je trouve la situation difficile. 
  2. Nommer ce que je ressens face à la situation. 
  3. Me dire que ce n’est pas ce que je voulais, mais c’est ça qui se passe. 
  4. Se relever les manches après avoir pleuré. 
  5. M’adapter et modifier mes actions pour activer ma résilience. 

Victimisation : 

  • Elle fait les mêmes étapes de 1 à 3, mais elle ne va pas à l’étape 4 et 5. Elle reste dans sa situation et n’évolue pas de façon constructive. 

Écoutez le podcast sur le même thème

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