Le temps parental – Style de garde

Vous êtes séparés ou vous pensez que vous êtes rendus là ? 

Je pense qu’il est bon de connaître quelques notions entourant le fameux partage du temps de vie des enfants. Depuis, la réforme de la loi sur le divorce en 2021, les termes : GARDE ET ACCÈS sont disparus des textes de loi. Je suis bien heureuse de cela, car je trouve que ça apporte une connotation particulière pour les parents. Nous ne gardons pas nos enfants, nous partageons leur vie selon différents critères, dont leurs besoins, leurs âges, nos besoins comme parents et nos situations personnelles et professionnelles. 

Voici un petit cours 101 très bref et non exhaustif des styles de temps parentaux qu’on peut voir actuellement. On va parler dans l’ancien langage d’une garde exclusive avec droits d’accès lorsqu’un des deux parents passe moins de 20% avec ses enfants. Lorsqu’un parent passe entre 20 et 40% de temps avec ses enfants, on parle d’accès prolongés. Enfin, on parle d’une garde partagée, lorsque les parents passent entre 40 et 60% du temps avec les enfants. 

Le calendrier parental peut prendre plusieurs formes. Voici quelques exemples: 

5-2-2-5

5-4-4-5

3-2-2-7

7-7

7-7 avec journée switch

3-2-2-3

4-3-4

L’important c’est d’être bien avec chaque parent et que les contacts sont chaleureux, bienveillants, sécuritaires et fonctionnels au minimum. 

Lorsqu’on se retrouve en temps parental exclusif, l’autre parent a des droits et peut prendre encore des décisions avec le parent qui est plus avec les enfants. D’ailleurs, le parent qui est plus souvent avec les enfants doit transmettre des informations afin que l’autre soit au courant de l’évolution de l’enfant. Le parent qui voit moins les enfants doit aussi se responsabiliser face à cela. 

Lorsqu’on se retrouve dans un temps parental partagé plus également, les enjeux sont au niveau de la logistique et de la communication. 

Comme parent, il peut parfois être difficile de ne pas le prendre personnel que l’enfant veut être plus avec son autre parent. Toutefois, le nombre de temps que l’enfant passe avec vous n’est pas systématiquement corrélé à votre niveau de compétences, loin de là. Il est important de prendre en considération les besoins et les intérêts de l’enfant. Toutefois, l’enfant ne doit pas avoir la lourde tâche de trancher. Cela peut entraîner des conséquences négatives pour lui. Il est préférable que l’enfant partage ses opinions et que les parents décident par la suite. Par exemple, si mon enfant n’a aucune raison de ne pas aller chez maman et qu’il veut rester toujours chez papa, car ses amis sont plus proches de la maison de papa, les parents pourront lui expliquer que ce n’est pas possible et qu’il est important d’aller aussi chez maman. Au même titre que si votre enfant ne veut pas aller chez le dentiste, mais qu’il le faut, va-t-il y aller ? 

C’est bien ce que je pensais…parfois ce qui est bon pour un enfant n’est pas toujours ce qui est le plus agréable. 

Il ne faut pas oublier de prendre en considération la notion du temps pour mon enfant. Le temps subjectif et le temps objectif ne sont pas les mêmes selon l’âge de l’enfant. Le temps objectif est le temps réel. Par exemple, de 10h à 10h30 il y a 30 minutes de temps entre les deux. Selon Renou (2005), le temps subjectif est la durée de l’activité, telle que perçue par la personne. C’est le temps tel que vécu dans sa signification particulière, compte tenu des particularités des acteurs concernés. Par exemple, 2 jours pour un adulte ce n’est pas très long, mais si j’ai 4 jours de vie, c’est la moitié de ma vie. Si j’ai 2 ans, c’est potentiellement très long. Ainsi, il importe de se mettre à la place de l’enfant quand on prend une décision où il est question de temps pour un enfant. 

Les enfants ont besoin que le temps parental soit adapté à leur situation. Voici quelques éléments qui sont à prendre en compte quand il est question de l’intérêt de l’enfant : 

  • son âge,
  • sa relation avec chacun de ses parents,
  • son état de santé,
  • la capacité de ses parents à communiquer entre eux,
  • la capacité de ses parents à prendre soin de lui
  • Les besoins particuliers de votre enfant, mais aussi de ceux des parents,
  • Les activités et engagements sociaux de votre enfant,
  • Les moyens de transport disponibles,
  • Le niveau de collaboration des parents,
  • L’horaire de travail des parents,
  • La distance entre les domiciles respectifs des parents,
  • La disponibilité des parents, compte tenu de leurs engagements et activités.

En ce qui concerne le temps parental partagé, les tribunaux vont parfois utiliser ces critères pour explorer si ce genre de temps parental peut être viable :

1- l’âge et les besoins des enfants 

2- les parents sont raisonnablement et également capable d’assumer les responsabilités parentales.

3- les parents doivent avoir démontré leurs capacités de coopérer raisonnablement et de façon significative à l’éducation de leurs enfants. Ils doivent démontrer une habileté à bien communiquer et pouvoir faire des compromis pour assurer le bon fonctionnement de leur entente.

4- les parents doivent habiter suffisamment près l’un de l’autre pour faciliter la fréquentation scolaire.

5- la mutualité, c’est-à-dire le partage des valeurs éducatives, le respect des habiletés parentales de l’autre parent et une facilité d’entente.

5- la capacité de mettre de côté les conflits conjugaux afin de répondre le mieux possible aux besoins des enfants.

6- la capacité de placer l’exercice des rôles parentaux au centre de ses préoccupations, donc d’adopter une attitude orientée vers l’enfant et non vers l’adulte.

7- la motivation des parents à vivre avec les inconvénients logistiques et autres associés à la garde partagée. 

Il ne faut pas croire qu’il n’y a jamais de conflit, il serait utopique de croire cela. On a pas besoin d’être ami pour vivre une garde partagée. Toutefois, nous allons devoir former une équipe au risque de placer les enfants dans un conflit de loyauté. 

Enfin, les enfants ont besoin d’avoir accès à leurs deux parents pour se développer optimalement et ainsi compléter le processus d’individuation. Ne pas voir un parent peut entraîner des problématiques identitaires. Même si un parent a des problèmes, cela ne veut pas dire qu’il ne peut pas voir son enfant. Plusieurs services et accompagnements peuvent être possibles afin de favoriser des contacts sains. Bien entendu, il faut que le parent soit dans la reconnaissance et accepte le rythme de l’enfant. 

Écoutez le podcast sur le même thème

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