Un lien entre la violence et l’affirmation de soi ?

Y-A-T-IL UN LIEN ENTRE L’AFFIRMATION DE SOI ET LA VIOLENCE?

C’est quoi au juste s’affirmer?

Il y a une limite entre l’affirmation de soi, la victimisation et la violence. 

« L’affirmation de soi, c’est savoir exprimer son opinion, ses sentiments et ses besoins. C’est exprimé ce que nous ressentons. L’affirmation de soi est une attitude intérieure qui consiste à croire que nous avons une valeur. C’est le pouvoir d’agir face à ses besoins, à son environnement. »

Source : LEE KELLY, Sandra, 1994. C.A.P. Santé Outaouais, Mieux-être en tête: Guide d’animation, Juin 1994.

S’affirmer c’est s’aimer suffisamment pour se faire respecter tout en respectant l’autre et parfois pour se respecter je dois imposer une limite claire et m’extraire de la situation.

Ma définition de l’affirmation de soi : s’affirmer c’est …

  • dire ce que l’on vit, 
  • exprimer ses besoins,
  • poser des limites,
  • faire des choix sains pour soi et accepter que l’autre ne soit pas d’accord,
  • prendre des décisions dans le respect de soi, 
  • être à l’extérieur de la peur et avancer malgré celle-ci,
  • de ne pas être sur la défensive mais plutôt en communion avec ses besoins. 

Quand nous vivons quelque chose, nous devons arriver à nous exprimer et à nous faire comprendre. Si ce n’est pas possible, nous devons faire des choix qui sont sains pour nous et vous savez quoi? Peut-être que ce sera le plus beau cadeau que vous  allez vous faire, mais aussi faire à l’autre!

S’affirmer c’est être capable de nommer ce que je vis et de l’exprimer à l’autre. L’autre a le droit de réagir, nous le laissons s’exprimer et le respectons. Son besoin est aussi légitime que le mien. 

L’affirmation de soi demande beaucoup d’introspection. Il faut reconnaître son vécu et l’accepter. L’affirmation demande aussi une grande forme de responsabilisation. 

Lorsque nous sommes responsables, cela signifie que nous contrôlons notre vie et nos actions. Lorsque nous nous affirmons, nous contrôlons nos gestes et nos paroles. 

LA COLÈRE 

La colère est une émotion comme la joie, la peine, la surprise, le dégoût et la peur. Elle est légitime et elle a le droit d’être reconnue et nommée. Elle me renseigne sur le fait que je ne me sens pas respecté ou que mes limites sont transgressées. J’ai besoin de m’affirmer, d’être entendu et respecté. J’ai besoin de définir ou de mettre mes limites. 

L’AFFIRMATION DE SOI 

Le discours intérieur de l’affirmation de soi est : « mes droits et mes besoins sont aussi importants que les tiens »

Concrètement quand nous nous affirmons, nos comportements sont : 

  • De s’exprimer en JE. 
  • De donner son opinion, 
  • De faire des demandes claires sans prétendre que l’autre va deviner, 
  • De nommer ses émotions et ses sentiments sans les banaliser ou les juger,
  • De mettre ses limites et dire non fermement si l’autre n’entends pas, 
  • De se faire respecter en utilisant les moyens nécessaires pour mettre fin à une situation et parfois cela signifie d’avoir besoin d’une aide extérieure. 
  • De refuser une impolitesse ou un manque de respect en le dénonçant, en rappelant le cadre et en appliquant une conséquence au besoin. Ex. : quitter la pièce et revenir une fois que tout le monde est calme.
  • De connaître ses droits et les faire respecter.
  • De négocier et tendre vers la collaboration et le compromis. 
  • De reconnaître que l’on peut avoir fait des erreurs et assumer les conséquences de ses choix. 
  • D’aller chercher de l’aide si les besoins sont présents sans croire que nous avons moins de valeur en posant cette action. 
  • De dire non pour prendre soin de soi. 
  • D’accepter de déplaire, tout en considérant l’autre, mais sans se sentir responsable des émotions de l’autre.

LA VIOLENCE EXPRESSIVE

Le discours intérieur de la violence expressive et de l’impulsivité est :  « mes droits et mes besoins sont aussi importants que les tiens, mais ils ne sont pas reconnus en ce moment ». 

Concrètement quand nous sommes dans la violence expressive, nos comportements sont : 

  • Réagir avec impulsivité et agressivité. 
  • Agir avec une agression verbale. Ex. : envoyer promener l’autre. 
  • Agir avec une agression psychologique. Ex. : crier. 
  • Agir avec une agression physique. Ex. : pousser.

ATTENTION : Parfois, lorsque nous apprenons à nous affirmer et nous le voyons beaucoup avec les enfants, nous pouvons agresser l’autre. Cela ne signifie pas que nous soyons dans la violence instrumentale. Il s’agit d’un geste isolé. Le geste n’est pas acceptable et nous devons trouver une alternative. Celui qui pose le geste et celui qui reçoit le geste doivent individuellement développer des ressources afin que ça ne se reproduise plus. Il faut apprendre que pour s’affirmer nous  n’avons pas besoin d’utiliser ces options là, sauf si notre vie est en danger. Ainsi,nous devons parfois apprendre à notre cerveau qu’il n’y a pas de vrai danger. Parfois, nous devons apprendre à notre cerveau qu’il n’y a plus de danger. Le besoin d’accompagnement est alors parfois nécessaire surtout lorsque nous avons vécu un traumatisme. 

LA VIOLENCE INSTRUMENTALE 

Le discours intérieur de la violence instrumentale est :  « mes droits et mes besoins sont plus importants que les tiens ».

Concrètement quand nous sommes dans la violence instrumentale, nos comportements sont : 

  • Violence verbale. Ex. : dire des insultes. 
  • Violence psychologique. Ex. : menace d’enlever la garde des enfants.
  • Violence physique. Ex. : forcer à rester dans une pièce. 
  • Violence sexuelle. Ex. : dénigrer et comparer notre rapport intime avec celui de notre ancienne relation. 
  • Violence économique. Ex. : critiquer et surveiller les dépenses de l’autre.
  • Violence technologique. Ex. : exiger une réponse à un message texte.

ATTENTION : Tout comportement violent doit cesser maintenant. Afin de bien intervenir, il est important d’explorer la dynamique. Chaque geste ou parole est inacceptable. Pour éviter la récidive, il doit y avoir des actions prises des deux côtés de la dynamique (victime-agresseur-témoin). Nous aborderons dans un prochain article les dynamiques de violence. 

LA VICTIMISATION 

Le discours intérieur de la victimisation est :  « mes droits et mes besoins sont moins important que les tiens »

Concrètement quand nous sommes dans la violence expressive, nos comportements sont : 

  • D’avoir peur des représailles si j’exprime ma colère.
  • De croire que ma colère n’est pas légitime. 
  • D’être paralysé et de ne pas être capable de poser une action. 
  • De rationaliser et trouver des raisons qui justifie les gestes ou les paroles qui ne sont pas acceptables. 
  • D’être anxieux ou se désorganiser au point d’être infonctionnel. 
  • De somatiser, donc de ressentir des maux physiques qui n’ont pas lieu d’être. 
  • D’avoir un état dépressif, des pensées noires. 
  • D’avoir des comportements d’automutilation. 
  • D’avoir des abus ou des excès de substances, de jeux, d’écrans, d’aspects alimentaires, de finances, etc.
  • De croire que je ne peux rien faire et que je ne peux rien changer. 

ATTENTION : une victime dans une situation ne veut pas dire demeurer une victime dans ses futurs choix. Par exemple, je peux avoir été victime de violence conjugale, mais ne plus être une victime dans l’avenir. Je peux avoir été victime d’une injustice au travail sans agir en victime. Le travail de reconstruction d’une victime demande un accompagnement clinique spécialisé afin de soigner les petits et les grands traumatismes. Que le traumatisme soit grand ou petit, cela ne le rend pas moins important. Petit ou grand, ils ont besoin d’être soignés pour guérir. 

Source : Adaptation libre de Bilodeau, D, Chayer. D. 2008 et de LEE KELLY, Sandra. C.A.P, 1994

LA RESPONSABILISATION 

Pour se responsabiliser, nous devons s’occuper de soi, de ce que nous voulons : prendre soin de ses blessures et de son vécu pour le comprendre, afin de se propulser vers ce que nous souhaitons de mieux pour nous. 

Nous n’avons malheureusement pas tous appris à s’affirmer. Nous avons parfois été brimés de ce droit, de nommer ce que nous ressentions. Avez-vous déjà entendu quelqu’un vous dire « haaaa c’est pas grave… pleure pas pour ça ». L’accumulation de ce genre de réplique finit par faire son chemin et le cerveau croit que ce n’est pas valable comme sentiment alors il se tait.

Il n’y a pas d’âge pour apprendre à s’affirmer et il n’est jamais trop tard. Pour certains, c’est naturel alors que pour d’autres c’est complexe. 

La différence entre un comportement violent et un être violent 

  • La violence est inacceptable et rien n’excuse les gestes ou les paroles.  
  • Nous ne venons pas au monde violent, nous le développons. 
  • Une personne est composée de plusieurs aspects et c’est certaines parties de la personne que l’on n’aime pas et non la totalité de sa personne.
  • Le clivage ou se couper complètement d’une portion de soi n’est pas un mécanisme sain à long terme. 
  • Comprendre pour mieux départager et soigner ses blessures. 

Quelques pistes pour développer l’affirmation de soi : 

  • Enseigner aux enfants que les émotions sont légitimes et accepter que mon enfant, mon coparent bref mon interlocuteur… a le droit de vivre et de ressentir des émotions et de les exprimer. Bien entendu que nous n’avons pas besoin d’être en posture de supériorité si nous considérons que nos relations sont égalitaires et que ce que je vis est aussi important que ce que l’autre vit. 
  • Se responsabiliser face à ses actions et ses choix. Ce n’est pas la faute de l’autre si tu as X ou Y comportement. L’émotion te renseigne sur un besoin à l’intérieur et si tu ne l’écoutes pas, tu risques d’adopter un comportement qui peut te nuire à long terme, soit personnellement ou nuire à l’autre, et donc à tes relations. 
  • Se pratiquer tous les jours! Comme avec la pratique d’un nouveau sport, on devient bon et fluide avec le temps.

Les étapes pour s’affirmer sainement : 

  1. Je dois connaître mes besoins. 
  2. Pour connaître mes besoins, je dois écouter mes émotions..
  3. Pour écouter mes émotions, je dois m’arrêter et les ressentir. 
  4. Je dois les accueillir, il n’y a pas de réel danger à ressentir une émotion. Par contre, il est vrai qu’elle peut être inconfortable.  
  5. Je dois ensuite départager ce qui appartient à la situation dans le présent qui me fait vivre cette émotion, et ce qui appartient à mon vécu passé et faire la part des choses afin de prendre une décision éclairée. 
  6. ATTENTION :  Si je souhaite uniquement apaiser mon émotion, je risque d’avoir une réaction impulsive. 
  7. Si je prends le temps de ressentir mon émotion, de départager mon présent, mon passé et mon futur anticipé alors je peux identifier le besoin. 
  8. Lorsque je prends une décision qui répond à mon besoin,  je me sens bien à long terme. Vous êtes-vous déjà dit « j’aurais pas dû… je regrette… »? Il se peut que se soit en lien avec le fait que vous avez assouvi l’émotion et non répondu aux besoins derrière l’émotion.
  9. Une fois mon besoin identifié, je peux alors proposer une action dont je vais être l’auteur.

Tu peux lire article sur OSBD : et écouter l’épisode 5 de mon podcast  : 

EXEMPLE PARENT-ENFANT 

Si je crie après mon enfant parce que ça fait 15 fois que je répète la même consigne. Tout d’abord, il se peut que je crois que mon enfant est responsable de mon état, ce qui est la première croyance erronée qui risque de m’entraîner vers une réponse réactive et impulsive. 

Ensuite, je risque de me sentir mal après cette intervention car ce n’est pas ce que je souhaite. Je ne connais pas beaucoup de parents qui sont heureux d’avoir crié après leur enfant. 

Maintenant, si je prends le temps d’écouter ce qui est en moi. J’identifie que je suis en colère parce que je ne me sens pas respecté dans la demande formulée à mon enfant. Alors si je m’affirme, je vais mettre un cadre et nommer à l’enfant que ce geste n’est pas respectueux et je vais lui demander de cesser. Ensuite, si je suis dans l’affirmation, je vais considérer l’autre et son besoin. Mon enfant n’est peut-être pas encore en âge d’être « raisonnable » (entre 0-10 ans, il se peut fort bien que ce soit le cas), donc je vais devoir l’accompagner. Ça ne veut pas dire que j’accepte le comportement. Je vais l’aider en lui offrant des options et annonçant le cadre pour qu’il soit en mesure d’acquérir la capacité à respecter ce dernier. Ces options seront variables en fonction de l’âge et du geste posé. Une chose est certaine, tout comme moi, l’enfant aura besoin d’être dans un état de calme, pour lui aussi, agir en cohérence. 

EXEMPLE ADULTE-ADULTE 

COMPRENDRE NE VEUT PAS DIRE EXCUSER 

C’est la même chose entre deux adultes. La différence est que chaque adulte est vraiment responsable de ses actions. Je peux aussi comprendre le besoin de l’autre, mais contrairement à un enfant, le cerveau de l’adulte n’est plus immature. Je suis donc responsable d’aller m’outiller si les stratégies que j’utilise ne sont pas respectueuses ou inégalitaires. 

Exemple : Je me sens en colère parce que je ne me sens pas respecté quand tu me dis des paroles méchantes. J’ai besoin que notre relation soit respectueuse. Alors, lorsque tu vas me dire des paroles blessantes, je vais quitter la pièce. 

Il se peut que si la situation ne change pas, la relation ait besoin d’aide. Il se peut que si l’aide ne fonctionne pas, la relation ne soit plus adéquate pour les deux. Il se peut alors que les actions soient la séparation. Par contre, ce n’est pas toujours l’option qui fonctionne, car certaines personnes ne souhaitent pas la séparation. Pour d’autres, la séparation n’entraîne pas les changements souhaités. L’aide peut se retrouver à différents niveaux. 

J’AI BESOIN D’AIDE : 

Voici quelques ressources qui peuvent aider : 

  • À coeur d’homme
  • Maison oxygène 
  • Regroupement des maisons d’hébergement 
  • S.O.S violence conjugale  
  • Ordre des psychologues du Québec 
  • Ordre des travailleurs sociaux 
  • Ordre des psychoéducateurs 
  • CIUSSS
  • Organismes communautaires de votre région 

POUR ÉCOUTER MA CONVERSATION SUR L’AFFIRMATION DE SOI ET LA VIOLENCE : L’ÉPISODE 4 DE LA SAISON 2 DE CORSÉ EST EN LIGNE 

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