Débat sur la violence conjugale et l’aliénation parentale: Lettre ouverte

Dans le panorama actuel des médias québécois, un sujet brûlant fait des vagues : la délicate confrontation entre les concepts de violence conjugale et d’aliénation parentale.

Récemment mise en lumière par Yasmine Abdelfadel dans un reportage provocateur, cette problématique a suscité une série de discussions passionnées et une conférence clé le 7 février, attirant l’attention sur la complexité de ces enjeux.

Face à ce débat, j’ai senti l’urgence de partager ma perspective, enrichie par mon expérience en tant que professionnelle travaillant auprès des familles séparées, mais aussi en tant qu’ancienne ARH de la DPJ. J’ai ainsi rédigé une lettre ouverte adressée aux médias, contribuant également à un dossier spécial avec la journaliste Émilie Dubreuil.

Mon message principal ? La nécessité de dépasser la simplification du débat pour reconnaître l’interrelation possible entre ces deux phénomènes. Il est vital d’apporter une nuance, car en se concentrant sur un concept au détriment de l’autre, nous risquons d’ignorer les véritables besoins des familles et, surtout, des enfants impliqués.

La nature du problème

L’aliénation parentale et la violence conjugale ne sont pas mutuellement exclusives. Chaque situation familiale est unique et peut présenter des éléments des deux, nécessitant une évaluation minutieuse et individualisée. Le véritable enjeu est de comprendre comment un enfant en vient à rompre le lien avec un parent et comment nous, en tant que société, pouvons intervenir efficacement pour protéger son bien-être.

Mes préoccupations

Mon départ de la protection de la jeunesse n’a pas été motivé par une perte de passion pour mon travail, mais par une frustration face à un système de plus en plus éloigné de mes valeurs. La bureaucratie et les contraintes administratives semblent souvent primer sur les besoins cliniques des familles. Dans ce contexte, comment pouvons-nous espérer traiter adéquatement des problèmes aussi complexes que l’aliénation parentale et la violence conjugale?

Un appel à l’action

Il est impératif de repenser notre approche. Les recommandations de la commission Laurent, bien que louables, demeurent largement inappliquées. Nous devons briser les silos non seulement entre les intervenants mais également à travers les différents ministères concernés. Il est inacceptable qu’en 2024, des familles soient toujours prises dans un tourbillon de confusion et de décisions contradictoires émanant de diverses instances judiciaires.

Vers une solution

Proposer un tribunal unifié de la famille pourrait être un pas dans la bonne direction, permettant une meilleure coordination et une intervention plus cohérente. De plus, les professionnels de la protection de la jeunesse, ainsi que ceux impliqués dans les affaires familiales, nécessitent des formations spécialisées pour naviguer ces eaux troubles avec la sensibilité et l’expertise requises.

Enfin, il est crucial de reconnaître et d’utiliser efficacement les ressources innovantes disponibles au Québec, telles que la coordination parentale et l’audition amiable pour enfants, pour soutenir les familles dans leur cheminement.

Conclusion

Ce n’est qu’en abordant ces enjeux avec nuance et en reconnaissant la complexité inhérente à chaque situation familiale que nous pourrons espérer apporter le soutien nécessaire. Mon espoir est de voir un jour un système plus agile, plus humain, et mieux équipé pour protéger véritablement les intérêts des enfants et de leurs familles face à la violence conjugale et à l’aliénation parentale. Comme dirait l’une de mes consœurs, Mélanie Lafrance, psychologue il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, Monsieur le Ministre Carmant.

Partageons cette discussion, non pas pour alimenter le débat, mais pour éclairer les zones d’ombre qui entourent encore ces concepts. C’est ensemble, en partageant nos connaissances et en restant ouverts au dialogue, que nous pourrons construire un avenir meilleur pour les familles en crise.

 


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